vendredi 21 juin 2019

Suivez en direct le streaming Tunisia Investment Forum

\r\nL'Agence de Promotion de l'Investissement Extérieur  organise sous l'égide du ministère du Développement, de l'Investissement et de la Coopération Internationale, la 20è édition du « Tunisia Investment Forum (TIF) »,  les 20 et 21 juin 2019 à l'hôtel Laico Tunis.\r\nPlacé sous le thème « Investir en Tunisie, l'opportunité à venir », TIF 2019 a pour objectif de mettre sur un piédestal les avancées et efforts majeurs entrepris par la Tunisie en vue de renforcer son positionnement ainsi que les opportunités d'investissement dans les secteurs à fort potentiel et ce, via un \" mapping \" des atouts comparatifs avantageux.\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n

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dimanche 3 février 2019

L\'Afrique du futur se dessine dans la créativité digitale - Le cas de la Tunisie

Avec l'émergence d'un nouveau marché globalisé dont les enjeux de diversité ont mis la créativité, l'innovation, la culture au centre de l'économie. L'Afrique mosaïque culturelle avec 54 pays, plus de 3 000 langues et cultures différentes, une population jeune connectée et en pleine expansion, est incomparablement riche et varié, mais ne sait point faire fructifier ses atouts. La contribution du continent aux exportations mondiales de biens culturels est minime tout juste 1,1%, or, les industries créatives digitales (jeu vidéo, 3D, animation, VR, AR, effets spéciaux… etc.) s'avèrent partout dans le monde des leviers de croissance. La promotion de l'industrie créative et culturelle (ICC) contribue non seulement au PIB du pays, mais elle agit également comme un levier pour la création d'emploi et l'inclusion sociale. Rare sont les pays en Afrique a disposé où avoir accompagné la création d'un écosystème créatif culturel digital. Si les gouvernements africains avaient prêté peu d'importance aux ICC, soit en raison du manque de compréhension de leur impact économique ou du fait que leurs administrations et les économies étaient trop faibles pour les soutenir, ils reconnaissent de plus en plus la valeur du développement culturel.Le succès continental des films Nollywood et de la musique Naija au Nigéria a créé « le buzz » et fait émerger une culture mainstream. Véritablesphénomènes ayant suscité un engouement panafricain. Nollywood équivaut à 200 000 emplois directs et à plus d'un million par extension. Quant au chiffre d'affaires, il est estimé à 250 millions de dollars par an. Conscient de ce potentiel symbolique et économique, le gouvernement au travers du projet « Creative Africa » a décidé d'apporter son soutien financier à l'essor de ces secteurs afin d'en faire des industries créatives formelles, contribuant sensiblement au soft power africain et au PIB nigérian. Confirmant la puissance de ses industries créatives avec des sociétés comme Anthill Productions dans l'animation ou Maliyo, Gamsole ou Chopupqui proposent des jeux souvent basés sur la culture africaine, le Nigéria a vu l'implantation d'un bureau de Gameloft.Le Ministre de la Culture du Nigeria a annoncé récemment la volonté de son pays d'investir massivement dans cette nouvelle industrie digitale avec la création de 80 000 emplois dans le jeu vidéo et l'animation.Le gouvernement kenyan a créé en octobre 2014 un fonds spécial pour soutenir le développement de contenu local et la revitalisation de l\'industrie créative. Le pays vise à promouvoir le développement de contenu local afin de créer une industrie du divertissement dynamique et concurrentiel à l\'échelle mondiale, avec le plan Vison 2030. Dans l'animation plusieurs studios commencent à produire des séries mais de qualité variable, Studio Ang, Recon Digital, Apes in Space, Avandu, Pixel Hunters, il existe même une Association des artistes kenyans de l'animation.De même plusieurs écoles forment aux métiers de l'animation et de la 3D, Nairobi Institute of Technology, Homeboyz animation Academy. Dans le jeu vidéo, le studio Black Division Games diffuse Nairobi X en août 2015, et c'est l'un des tout premier jeu africain, ou des Aliens envahissent l'Afrique qui fut téléchargé 21 000 fois en deux mois. Les studios de gaming commencent à faire parler d'eux et notamment, Weza Interactive, Momemtun Core spécialisé dans le développement de jeux à caractère éducatif, ou encore Urban Design Kings, Afrikana Digital.En Côte d'Ivoire et au Sénégal l'industrie du cinéma est plein développement, on ne compte pas moins de 50 sociétés de production cinématographiques en 2015 dans chacun de ces pays, les studios de jeu vidéo sont plutôt rare malgré quelques tentatives au Sénégal avec Caurolis, Galactive, et le récent succès du jeu vidéo Lamb qui ne signifie rien d'autre que la lutte en langue wolof, mais c'est l'animation qui commence à se faire une place avec Obelus au Sénégal et surtout Afrikatoon, Studio 6, Arobase Studio en Côte d'Ivoire. Ces pays ont pris conscience de l'importance de ce secteur et en on fait des priorités nationales, tel le soutien en Côte d'Ivoire au FEJA le plus grand événement eSport et jeu vidéo d'Afrique de l'Ouest, organisé par le jeune studio Paradise Game avec un focus sur l'emploi dans ce secteur.Au Ghana, Leti Arts est certainement le studio de jeu vidéo le plus créatif d'Afrique actuellement, il développe un jeu de super-héros inspiré des légendes et la culture de chaque pays africain. Les missions que doivent relever les joueurs dans leur quête font écho à l\'actualité chaude du continent. Africa\'s Legends Reawakening,s\'ancre dans une réalité qui correspond aux attentes de toute une génération et profite du succès du film Black Panther.L\'Egypte historiquement l'un des leaders en média et production dans le monde arabe et africain, revient progressivement au-devant de la scène, avec la création d'un méga complexe Media Production City équipée de 14 studios hightechs et une zone franche exempté de taxes. Mais toute sa production de dessins animés s'est déplacée au Moyen Orient après sa Révolution, et l'industrie du jeu vidéo commence à voir apparaitre de bons studios tels que AN Games, Appsinnovate, Instinct Games, Funwave Games.L'Afrique du Sud est certainement le pays le plus développée dans cette industrie des ICC digitales, il existe un programme et une volonté affirmée de soutenir les arts visuels dans leur ensemble.Outre le gouvernement sud-africain qui apporte son concours à travers le Conseil National des Arts, des ONG, des Associations, des Fonds contribuent à l'émergence de cet écosystème créatif digital. Toutefois ces studios africains sont focalisés sur le marché intérieur du jeu mobile, et du jeu gratuit surtout pour des thèmes éducatifs et sociaux. Et, ils réalisent souvent des jeux dans un style résolument occidental, comme Celestial Games, Free Lives (créateur de Broforce) ou Tasty Poison.Triggerfish Animation Studios est un studio à la renommée internationale, collabore régulièrement avec Disney, et a sorti en 2013 le film Khumba, long métrage d'animation. Fondé en 2006, Animation South Africa (A.S.A) est l'association qui représente le secteur, avec notamment les studios Gilgamesh Animation, Toon53 Productions, 3DGeek, Luma, Retro Epic, Sea Monster…Le Cameroun a vu émerger des startups de jeux vidéo Kiro'o Games, Noohkema, SDK Games qui font références en Afrique. Et comme le Cameroun,l'écosystème tunisien s'est développé sans aucun soutien ni politique d'accompagnement.C'est autour de 3D Netinfo, l'unique école d'Afrique francophone crée, il a plus de 10 ans par Mme Samia CHELBI que s'est constitué le pôle créatif culturel numérique tunisien. Les métiers de la 3D, animation, jeux vidéo, effets spéciaux, VR, AR, design architectural sont enseignés à 3D Netinfo et elle est devenue rapidement une référence paradoxalement plus connue à l'étranger qu'en Tunisie. L'Ecole a formé plus de 5000 jeunes et reçoit chaque année de nombreux jeunes sub-africains (la startup Noohkema a été incubé chez Netinfo en avant de rentrer au Cameroun), et aucun n'est au chômage preuve s'il en est des besoins des ICC en compétences, et d'un secteur en pleine croissance, que nos gouvernants devraient regardés avec une plus grande attention pour résorber le déficit d'emplois des jeunes. L'Ecole est partenaire des plus grands groupes TIC du secteur que ce soit Autodesk, ou Adobe dont elle est l'un des rares centres de certification, c'est aussi le centre de formation pourOcculus Facebook dans la VR, lançant en mai 2018 avec Google & Occulus le premier Hackaton de la VR africain. En créant CREATEC (l'association des ICC tunisiennes dans le numérique) et le DigiArt Living Lab, seul Living Lab arabe et africain du digital créatif reconnu par le réseau des Living Lab européen ENOLL, Mme CHELBI, et M. ZOGHLAMI ont sensibilisé et promu cette industrie aux travers de nombreuses manifestations, forums dont le dernier en date 3D Talent for Africa rassemblement des acteurs de la 3D africaines pour un état des lieux etl'AfriCup - Sommet des startups africaines.Aujourd'hui si la Tunisie peut rivaliser sans contexte avec l'écosystème Sud-Africain, Kenyan ou Nigérian, elle le doit en grande partie au secteur privé qui s'est développé autour de l'Ecole, et on a vu émerger des acteurs d'importance dans l'animation comme le studio CGS 3D leader du secteur du cinéma d'animation (l'un des plus grands studios d'Afrique et du monde arabe partenaire de Disney) et mais aussi aux studios tels que Freesh Production, Mille & une image (récompensé plusieurs fois dans des concours internationaux), Morbiket, DigitSoft, Pixel One, Piktoo, Voodoo Animation Studio, Unik…De même le pays est très actif, dynamique dans le secteur des jeux vidéo avecDigital Mania (pionnier du secteur et lauréat de nombreux prix internationaux), Prolancers Games, Nuked Cockroach Studios (qui vient de faire une levée de 600 000$) Diginium Graphics a développé des applications pour les consoles PlayStation 3 et Xbox 360 et pour les jeux Diablo et FIFA, MadCat Games, GamePad Tribe, NewGen, Game Vault Studios, Wanagames, Galatech, Creative Insteadsoftware…Le pays peut également compter sur de nombreux acteurs, associations de développeurs de jeu vidéo TAG, TGD, AMAVI et de nombreuses manifestations nationales et internationales pour la promotion du jeu vidéo et de l'e-sport, et notamment le premier Comic Con Africain à Tunis qui a lieu depuis trois ans. Pays touristique par excellence, le Tunisie peut s'enorgueillir d'avoir le premier Musée 3D d'Afrique Magic Eye à Sousse.Par ailleurs, le Ministre des Affaires culturelles et le Centre National du Cinéma et de l'Image, afin de soutenir le secteur du jeu vidéo ont créé le\"Créative Digital Lab\" et le \"Gaming Lab\" et semble prendre conscience de l'importance de cette industrie des ICC et va organiser en septembre 2019, le premier salon international du e-games, le Carthage Games Festival. Outre l'animation & le jeu vidéo, cet écosystème s'est développé également autour de la 3D (CubicProd, InHatt, Bird Studio, Eminence, VoxlArt, l'Alchimiste, NG Multimédia, Smart Frame Prod) des effets spéciaux (Stellar VFX, Cube 3D Tech), des hologrammes, mapping (Design Lab, Mirage Holograms, Peaksource), de la VR (New Technologies, The BoxVR, SoWhen, Incept) créant un pôle complémentaire et attractif, permettant à de nombreux studios étrangers de s'installer en Tunisie, Decod 3D, 3D Matchmovers, Voxels Imagerie, 3D Prime, SandStorm, Bizao, Lighting Studio, Onearchitecture SaphirProd(partenaire de Nvidia et de HTC Vive pour l'Afrique francophone).La Tunisie est également un pôle majeur en offshoring, on compte au moins une cinquantaine de studios, agences, dans le design architectural 3D ( Créalis, Les Fées WOW, Magheb3D, Hypn-Oze, Archiring Studio, 3Dianthus studio, Design 3D … ) et dans le marketing digital 3D (New Technologies, Innov8, Artworks Production, Octopus Design, Beirdo Studio… )L'approche numérique immersive ou interactive sera au cœur de l'industrie du futur, tous les secteurs seront touchés, le commerce, la banque, le tourisme la finance, la médecine, les loisirs…comme le simple consommateur en seront les bénéficiaires. La3D est au cœur du contenu et des services numériques d'aujourd'hui, animation, jeu vidéo, effets spéciaux, VR, design architectural et produire de l'innovation, de la création, avec l\'apparition de toutes nouvelles technologies 3D, de rupture, ne s'improvise pas, il faut avoir une vision, une stratégie, un cadre afin de se préparer à ces mutations technologiques liées au ICC numériques.C'est ce que l'Association CREATEC et ses membres, le DigiArt Living Lab et 3D Netinfo ont mis en place depuis quelques années déjà, pour répondre à ces nouveaux métiers d'avenir, à cet univers numérique immersif qui passionne les jeunes, à anticiper sur les besoins futurs, mettre en place une politique de formation spécifique afin de ne pas rater l'industrie 4.0. Et grâce à ces professionnels de l'ombre, les compétences et l'expertise tunisiennes commencent à être reconnues, et appréciées 3D Netinfo est sollicitée au Sénégal, au Togo, au Cameroun, par des incubateurs africains afin d'apporter le savoir-faire et la formation en 3D.D'autant que l'Africup – Sommet des startups africaines à mis en valeur les ICC tunisiennes permettant la signature de nombreux projets de partenariats africainsM. Mohamed ZOGHLAMI (Article paru dans CIO Mag de décembre 2018)

L\'Afrique du futur se dessine dans la créativité digitale - Le cas de la Tunisie

Avec l'émergence d'un nouveau marché globalisé dont les enjeux de diversité ont mis la créativité, l'innovation, la culture au centre de l'économie. L'Afrique mosaïque culturelle avec 54 pays, plus de 3 000 langues et cultures différentes, une population jeune connectée et en pleine expansion, est incomparablement riche et varié, mais ne sait point faire fructifier ses atouts. La contribution du continent aux exportations mondiales de biens culturels est minime tout juste 1,1%, or, les industries créatives digitales (jeu vidéo, 3D, animation, VR, AR, effets spéciaux… etc.) s'avèrent partout dans le monde des leviers de croissance. La promotion de l'industrie créative et culturelle (ICC) contribue non seulement au PIB du pays, mais elle agit également comme un levier pour la création d'emploi et l'inclusion sociale. Rare sont les pays en Afrique a disposé où avoir accompagné la création d'un écosystème créatif culturel digital. Si les gouvernements africains avaient prêté peu d'importance aux ICC, soit en raison du manque de compréhension de leur impact économique ou du fait que leurs administrations et les économies étaient trop faibles pour les soutenir, ils reconnaissent de plus en plus la valeur du développement culturel.Le succès continental des films Nollywood et de la musique Naija au Nigéria a créé « le buzz » et fait émerger une culture mainstream. Véritablesphénomènes ayant suscité un engouement panafricain. Nollywood équivaut à 200 000 emplois directs et à plus d'un million par extension. Quant au chiffre d'affaires, il est estimé à 250 millions de dollars par an. Conscient de ce potentiel symbolique et économique, le gouvernement au travers du projet « Creative Africa » a décidé d'apporter son soutien financier à l'essor de ces secteurs afin d'en faire des industries créatives formelles, contribuant sensiblement au soft power africain et au PIB nigérian. Confirmant la puissance de ses industries créatives avec des sociétés comme Anthill Productions dans l'animation ou Maliyo, Gamsole ou Chopupqui proposent des jeux souvent basés sur la culture africaine, le Nigéria a vu l'implantation d'un bureau de Gameloft.Le Ministre de la Culture du Nigeria a annoncé récemment la volonté de son pays d'investir massivement dans cette nouvelle industrie digitale avec la création de 80 000 emplois dans le jeu vidéo et l'animation.Le gouvernement kenyan a créé en octobre 2014 un fonds spécial pour soutenir le développement de contenu local et la revitalisation de l\'industrie créative. Le pays vise à promouvoir le développement de contenu local afin de créer une industrie du divertissement dynamique et concurrentiel à l\'échelle mondiale, avec le plan Vison 2030. Dans l'animation plusieurs studios commencent à produire des séries mais de qualité variable, Studio Ang, Recon Digital, Apes in Space, Avandu, Pixel Hunters, il existe même une Association des artistes kenyans de l'animation.De même plusieurs écoles forment aux métiers de l'animation et de la 3D, Nairobi Institute of Technology, Homeboyz animation Academy. Dans le jeu vidéo, le studio Black Division Games diffuse Nairobi X en août 2015, et c'est l'un des tout premier jeu africain, ou des Aliens envahissent l'Afrique qui fut téléchargé 21 000 fois en deux mois. Les studios de gaming commencent à faire parler d'eux et notamment, Weza Interactive, Momemtun Core spécialisé dans le développement de jeux à caractère éducatif, ou encore Urban Design Kings, Afrikana Digital.En Côte d'Ivoire et au Sénégal l'industrie du cinéma est plein développement, on ne compte pas moins de 50 sociétés de production cinématographiques en 2015 dans chacun de ces pays, les studios de jeu vidéo sont plutôt rare malgré quelques tentatives au Sénégal avec Caurolis, Galactive, et le récent succès du jeu vidéo Lamb qui ne signifie rien d'autre que la lutte en langue wolof, mais c'est l'animation qui commence à se faire une place avec Obelus au Sénégal et surtout Afrikatoon, Studio 6, Arobase Studio en Côte d'Ivoire. Ces pays ont pris conscience de l'importance de ce secteur et en on fait des priorités nationales, tel le soutien en Côte d'Ivoire au FEJA le plus grand événement eSport et jeu vidéo d'Afrique de l'Ouest, organisé par le jeune studio Paradise Game avec un focus sur l'emploi dans ce secteur.Au Ghana, Leti Arts est certainement le studio de jeu vidéo le plus créatif d'Afrique actuellement, il développe un jeu de super-héros inspiré des légendes et la culture de chaque pays africain. Les missions que doivent relever les joueurs dans leur quête font écho à l\'actualité chaude du continent. Africa\'s Legends Reawakening,s\'ancre dans une réalité qui correspond aux attentes de toute une génération et profite du succès du film Black Panther.L\'Egypte historiquement l'un des leaders en média et production dans le monde arabe et africain, revient progressivement au-devant de la scène, avec la création d'un méga complexe Media Production City équipée de 14 studios hightechs et une zone franche exempté de taxes. Mais toute sa production de dessins animés s'est déplacée au Moyen Orient après sa Révolution, et l'industrie du jeu vidéo commence à voir apparaitre de bons studios tels que AN Games, Appsinnovate, Instinct Games, Funwave Games.L'Afrique du Sud est certainement le pays le plus développée dans cette industrie des ICC digitales, il existe un programme et une volonté affirmée de soutenir les arts visuels dans leur ensemble.Outre le gouvernement sud-africain qui apporte son concours à travers le Conseil National des Arts, des ONG, des Associations, des Fonds contribuent à l'émergence de cet écosystème créatif digital. Toutefois ces studios africains sont focalisés sur le marché intérieur du jeu mobile, et du jeu gratuit surtout pour des thèmes éducatifs et sociaux. Et, ils réalisent souvent des jeux dans un style résolument occidental, comme Celestial Games, Free Lives (créateur de Broforce) ou Tasty Poison.Triggerfish Animation Studios est un studio à la renommée internationale, collabore régulièrement avec Disney, et a sorti en 2013 le film Khumba, long métrage d'animation. Fondé en 2006, Animation South Africa (A.S.A) est l'association qui représente le secteur, avec notamment les studios Gilgamesh Animation, Toon53 Productions, 3DGeek, Luma, Retro Epic, Sea Monster…Le Cameroun a vu émerger des startups de jeux vidéo Kiro'o Games, Noohkema, SDK Games qui font références en Afrique. Et comme le Cameroun,l'écosystème tunisien s'est développé sans aucun soutien ni politique d'accompagnement.C'est autour de 3D Netinfo, l'unique école d'Afrique francophone crée, il a plus de 10 ans par Mme Samia CHELBI que s'est constitué le pôle créatif culturel numérique tunisien. Les métiers de la 3D, animation, jeux vidéo, effets spéciaux, VR, AR, design architectural sont enseignés à 3D Netinfo et elle est devenue rapidement une référence paradoxalement plus connue à l'étranger qu'en Tunisie. L'Ecole a formé plus de 5000 jeunes et reçoit chaque année de nombreux jeunes sub-africains (la startup Noohkema a été incubé chez Netinfo en avant de rentrer au Cameroun), et aucun n'est au chômage preuve s'il en est des besoins des ICC en compétences, et d'un secteur en pleine croissance, que nos gouvernants devraient regardés avec une plus grande attention pour résorber le déficit d'emplois des jeunes. L'Ecole est partenaire des plus grands groupes TIC du secteur que ce soit Autodesk, ou Adobe dont elle est l'un des rares centres de certification, c'est aussi le centre de formation pourOcculus Facebook dans la VR, lançant en mai 2018 avec Google & Occulus le premier Hackaton de la VR africain. En créant CREATEC (l'association des ICC tunisiennes dans le numérique) et le DigiArt Living Lab, seul Living Lab arabe et africain du digital créatif reconnu par le réseau des Living Lab européen ENOLL, Mme CHELBI, et M. ZOGHLAMI ont sensibilisé et promu cette industrie aux travers de nombreuses manifestations, forums dont le dernier en date 3D Talent for Africa rassemblement des acteurs de la 3D africaines pour un état des lieux etl'AfriCup - Sommet des startups africaines.Aujourd'hui si la Tunisie peut rivaliser sans contexte avec l'écosystème Sud-Africain, Kenyan ou Nigérian, elle le doit en grande partie au secteur privé qui s'est développé autour de l'Ecole, et on a vu émerger des acteurs d'importance dans l'animation comme le studio CGS 3D leader du secteur du cinéma d'animation (l'un des plus grands studios d'Afrique et du monde arabe partenaire de Disney) et mais aussi aux studios tels que Freesh Production, Mille & une image (récompensé plusieurs fois dans des concours internationaux), Morbiket, DigitSoft, Pixel One, Piktoo, Voodoo Animation Studio, Unik…De même le pays est très actif, dynamique dans le secteur des jeux vidéo avecDigital Mania (pionnier du secteur et lauréat de nombreux prix internationaux), Prolancers Games, Nuked Cockroach Studios (qui vient de faire une levée de 600 000$) Diginium Graphics a développé des applications pour les consoles PlayStation 3 et Xbox 360 et pour les jeux Diablo et FIFA, MadCat Games, GamePad Tribe, NewGen, Game Vault Studios, Wanagames, Galatech, Creative Insteadsoftware…Le pays peut également compter sur de nombreux acteurs, associations de développeurs de jeu vidéo TAG, TGD, AMAVI et de nombreuses manifestations nationales et internationales pour la promotion du jeu vidéo et de l'e-sport, et notamment le premier Comic Con Africain à Tunis qui a lieu depuis trois ans. Pays touristique par excellence, le Tunisie peut s'enorgueillir d'avoir le premier Musée 3D d'Afrique Magic Eye à Sousse.Par ailleurs, le Ministre des Affaires culturelles et le Centre National du Cinéma et de l'Image, afin de soutenir le secteur du jeu vidéo ont créé le\"Créative Digital Lab\" et le \"Gaming Lab\" et semble prendre conscience de l'importance de cette industrie des ICC et va organiser en septembre 2019, le premier salon international du e-games, le Carthage Games Festival. Outre l'animation & le jeu vidéo, cet écosystème s'est développé également autour de la 3D (CubicProd, InHatt, Bird Studio, Eminence, VoxlArt, l'Alchimiste, NG Multimédia, Smart Frame Prod) des effets spéciaux (Stellar VFX, Cube 3D Tech), des hologrammes, mapping (Design Lab, Mirage Holograms, Peaksource), de la VR (New Technologies, The BoxVR, SoWhen, Incept) créant un pôle complémentaire et attractif, permettant à de nombreux studios étrangers de s'installer en Tunisie, Decod 3D, 3D Matchmovers, Voxels Imagerie, 3D Prime, SandStorm, Bizao, Lighting Studio, Onearchitecture SaphirProd(partenaire de Nvidia et de HTC Vive pour l'Afrique francophone).La Tunisie est également un pôle majeur en offshoring, on compte au moins une cinquantaine de studios, agences, dans le design architectural 3D ( Créalis, Les Fées WOW, Magheb3D, Hypn-Oze, Archiring Studio, 3Dianthus studio, Design 3D … ) et dans le marketing digital 3D (New Technologies, Innov8, Artworks Production, Octopus Design, Beirdo Studio… )L'approche numérique immersive ou interactive sera au cœur de l'industrie du futur, tous les secteurs seront touchés, le commerce, la banque, le tourisme la finance, la médecine, les loisirs…comme le simple consommateur en seront les bénéficiaires. La3D est au cœur du contenu et des services numériques d'aujourd'hui, animation, jeu vidéo, effets spéciaux, VR, design architectural et produire de l'innovation, de la création, avec l\'apparition de toutes nouvelles technologies 3D, de rupture, ne s'improvise pas, il faut avoir une vision, une stratégie, un cadre afin de se préparer à ces mutations technologiques liées au ICC numériques.C'est ce que l'Association CREATEC et ses membres, le DigiArt Living Lab et 3D Netinfo ont mis en place depuis quelques années déjà, pour répondre à ces nouveaux métiers d'avenir, à cet univers numérique immersif qui passionne les jeunes, à anticiper sur les besoins futurs, mettre en place une politique de formation spécifique afin de ne pas rater l'industrie 4.0. Et grâce à ces professionnels de l'ombre, les compétences et l'expertise tunisiennes commencent à être reconnues, et appréciées 3D Netinfo est sollicitée au Sénégal, au Togo, au Cameroun, par des incubateurs africains afin d'apporter le savoir-faire et la formation en 3D.D'autant que l'Africup – Sommet des startups africaines à mis en valeur les ICC tunisiennes permettant la signature de nombreux projets de partenariats africainsM. Mohamed ZOGHLAMI (Article paru dans CIO Mag de décembre 2018)

mercredi 23 janvier 2019

L’un des plus étonnant écosystème Startups en Afrique - La Tunisie

Quand Partech Ventures a publié début 2018 son étude « sur les investissements en capital dont ont bénéficié en 2017 les startups africaines actives dans le secteur des nouvelles technologies », il révèle à juste titre que le secteur reste largement dominé par les anglophones, Afrique du Sud (167 millions $), Kenya (147 millions $) et Nigeria (114 millions $) en tête.Puis viennent l'Egypte (37), le Rwanda (36,7), le Ghana (20), l'Ouganda (16), et trois pays africains francophones ferment le top 10 : le Sénégal (8e avec 10,7 millions de dollars), le Maroc (3,9) et le Cameroun (2,7).Exit donc de la Tunisie du classement, avec seulement 1,5 million $ levé en 2017. Pour qui connaît la Tunisie, et son écosystème Hightech, il doit y avoir une erreur quelque part.Ecosystème TIC en TunisiePremier pays arabe et africain à se connecter à Internet en 1991, la Tunisie est l'un des principaux points d'entrée des câbles sous-marins internationaux (4) vers l'Afrique. L'Agence Tunisienne d'Internet (ATI) est la seule en Afrique du Nord à être dotée d'un point d'échange internet (TunIXP) et est depuis 2016 le premier centre de formation certifiante IPV6 accréditée par l'AFRINIC (l'African Network Information Center) et gère les serveurs du géant Akamai installés dans le pays.En Tunisie, les TIC représentent, 7,2 % du PIB autant que le tourisme, 7,5 % de taux de croissance, 100 000 emplois (création de 7500 postes/an), 1 200 entreprises TIC implantées.D'autant que le pays a depuis son indépendance mis en place une des politiques les plus volontaristes de formation scientifique et technique, qui produit environ 10000 ingénieurs par an pour une population de 11,6 millions, soit autant que la France proportionnellement, pour une population de 67 millions qui forme environ 32000 ingénieurs an.Abritant 590 laboratoires et unités de recherche en 2015, selon le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, la Tunisie affiche des acquis solides en matière de recherche et développement.Comptant 1 803 chercheurs par million d'habitants en 2014, la Tunisie domine la région MENA et se plaçait troisième en Afrique pour le nombre de publications scientifiques sur la période 1996-2015, selon la Banque Mondiale.Alors comment avec un tel environnement et de telles capacités, la Tunisie n'est point reconnue comme un grand pôle Hightech africain au même titre que l'Afrique du Sud, le Kenya, le Nigéria, le Ghana, le Rwanda, l'Egypte, le Maroc ou encore le Sénégal.Faut-il investir 10 millions $ pour entrer dans le top 10 et être considéré comme un écosystème attractif, innovant pour les investisseurs ? On est en droit de se poser la question…C'est d'autant plus surprenant que le pays en 2018 collectionne les titres, reconnu pays africain le plus innovant (Bloomberg), la première place pour la qualité de son environnement entrepreneurial (Global Entrepreneurship Index) et dispose de la meilleure connexion internet mobile du continent (Speedtest Global Index). La Tunisie regorge de talents inexploités, c'est ce qu'a révélé Forbes dans un article publié le 11 janvier 2018.Déficit de communicationCe manque de visibilité, est avant tout dû à un déficit de communication pas aux compétences, et quand on vit au XXIème siècle, on se doit de reconnaître l'enjeu politique de la communication. La communication au même titre que l'information, la culture, la connaissance sont les industries d'aujourd'hui.Or dans nos sociétés modernes affaiblies par les crises économiques, les tensions et le chômage, le succès est une culture. Il se cultive et devient un mode de communication diffusant une ambition et une attractivité positive pour l'image du pays, telle qu'en Estonie, Jordanie, au Rwanda, au Chili ou à Singapour.Alors quand le Gouvernement tunisien met en place le premier Startup Act africain & arabe pour encadrer, accompagner le développement de l'écosystème startup tunisien, pour aider la jeunesse, force vive du pays et contrer l'exode massif des talents (l'OCDE évoque 95.000 compétences tunisiennes qui ont choisi de quitter leur pays depuis la révolution), il démontre sa volonté, son ambition et a su communiquer sur son initiative.Le pays devient un exemple, un modèle en Afrique, et c'est parce que la Tunisie est « hub » de talents, de savoirs, d'éducation, de recherche et d'innovation à l'échelle africaine, qu'elle a été choisie par l'Alliance Smart Africa pour mener la réflexion sur le développement de l'écosystème startup africain.Financement des startups tunisiennesQu'en est-il alors réellement de cet écosystème ? Selon le site ILBOURSA en Tunisie, le financement des startups tunisiennes s'est élevé en 2017 à plus de 10,5 millions de dollars, loin des 1,5 de Partech Ventures.La prime revient à BARAC (Fintech- Big Data) avec 3,7 $ levés notamment auprès de la Barclays, qui analyse en temps réel les mégadonnées pour mieux protéger les systèmes informatiques, et a été la seule à détecter le virus Wannacry.Puis vient NEXTPROTEIN (Agritech) avec 1,7 $ qui élève des larves de mouches de soldats noires qu'elle transforme en précieux composants pour l'aquaculture et animaux domestiques, ainsi que des engrais agricoles, parmi les investisseurs on compte le fond Kima Ventures de Xavier NIEL, et Jérôme LECAT, investisseur de la Silicon Valley.EXPENSYA (Software) spécialisée dans la gestion intelligente des frais professionnels a levé 1,2 millions. Sa solution est aujourd'hui présente et utilisée dans 30 pays en Europe de l'Ouest, aux États-Unis, au Brésil, en Afrique du Sud, en Tunisie, à Singapour, au Maroc, au Japon, en Chine et à Hong Kong.Puis se succèdent, POLYSMART (jeux vidéo) 0,6, DATAVORA (Big Data) 0,48, ILBOURSA (Média) 0,4, ROAMSMART (Télécom) 0,4, SYMMETRYK (IoT) 0,24, PAYPOS(Software) 0,2 METHANIA, 0,2 (Industrie créative).Au total, l'écosystème en 2017 a connu 25 deals, sans compter les nombreuses startups ou les investisseurs qui préfèrent ne pas communiquer, et qui placerait le pays autour des 18 millions $ d'investissement dans les startups.L'écosystème c'est aussi, une association Tunisian Startups, qui regroupe environ 500 startups, des incubateurs/accélérateurs (plus de 20) très performant, dont IntilaQ, Flat6Labs, BIAT Labs, Cogite, Wiki Startup, U Accelerator, …des Universités de renom Esprit, Université Centrale, des fonds d'investissement, Diva Sicar, Faster Capital, UGFS, et ceux reconnus à l'échelle du continent tel qu'Africinvest, Orange Digital Venture…Success story tunisienneIl est à signaler que 60% des startups agissent à l'exportation, 20% d'entre elles s'orientent vers les marchés européens, 21% vers les marchés africains et 14% vers les marchés du Moyen-Orient et seulement 40% d'entre elles ne vendent pas leurs produits en ligne.Ces startups œuvrant dans des domaines fort variés, participent à leur manière à la « success story » tunisienne, que nous connaissons mais que le monde ne connaît pas hélas.ANAVA a intégré la Startup School de Y Combinator à la Sillicon Valley d'où ont émergé des géants comme Airbnb, Dropbox, Stripe". FAVIZONE, qui offre une solution innovante de personnalisation pour les sites e-commerce s'implante en France, NAVIACOM, spécialisée dans la gestion et la télématique de flotte Machine to Machine, s'est déjà internationalisée au Sénégal, au Burkina Faso, en Mauritanie et en Côte d'Ivoire. La Start-up d'impression photo PICSTORE s'implante au MarocSur 100 startups internationales retenues dans le cadre du programme BIG BOOSTER, 25 provenaient de la région Afrique Moyen-Orient, dont 9 étaient tunisiennes, AUMED, DIGITUS, KATOMI, NEXT GEN CORP, PROVEN MED INTERNATIONAL, TRIPOPT, WATTNOW, WINSHOT et EPILERT.Le WORLD ECONOMIC FORUM a retenu 5 startups tunisiennes qui vont façonner le futur, BARAC, SIMPLE EXPERT, GO MY CODE, NEXTPROTEIN, IRIS TECHNOLOGIE.eFRET.TN site web fonctionnant selon le principe de la bourse de fret a été lauréat du Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient 2017, devant plus de 1000 candidats d'une cinquantaine de paysAXE FINANCE est une vraie success story tunisienne, discrète elle s'est positionnée sur l'activité du « credit process automation » au profit des banques et compte aujourd'hui, 10 000 utilisateurs, 28 banques clientes sur 20 pays.ROAMSMART est totalement méconnue du grand public mais développe des outils dédiés à la gestion de l'activité roaming chez les opérateurs et compte 37 clients des Télécoms sur 31 pays dont ETISALAT, ZAIN, ORANGE, OOREDOO & TELENOR.COGNIRA, qui a réalisé en 2017 des revenus de 4 millions de dollars, veut devenir une référence mondiale dans le Retail Analytics. Au moins une douzaine de fonds d'investissement veulent aujourd'hui investir dans COGNIRA ce qui témoigne du grand potentiel de développement dont elle dispose et de la bonne réputation dont elle jouit auprès des fonds d'investissement ainsi que de ses 23 clients.INSTADEEP est la référence en Afrique en intelligence artificielle elle développe des informations accélérées par le GPU aux systèmes de prise de décision en auto-apprentissage basés sur les avancées de la R & D en intelligence artificielle. Fondé en octobre 2015, compte aujourd'hui plus de 60 employés répartis dans cinq bureaux, Tunis Londres, Paris, Nairobi et Lagos.La première startup africaine à fabriquer des robots de façon industrielle de surveillance,ENOVA ROBOTICS vient de lever 1,5 million € pour étendre ses activités en Europe.Comme on le voit, la Tunisie ne manque pas de success story et se positionne également dans des secteurs clés tels que la Fintech (SWIVER, PAYPOS, ULTIMIUM, VNEURON, HADRUM, KAOUN, MITIGAN…), de l'intelligence artificielle, de la Blockchain (ELECTRIFY NETWORK, DIGITUS, l'ouverture du DAR BLOCKCHAIN, premier incubateur Blockchain du continent et l'Africa Blockchain Summit organisé en Tunisie en mai 2018.De même en Tunisie, l'entrepreneuriat des femmes a le vent en poupe. Plusieurs startups sont dirigées par des femmes SEABEX et iFARMING, (agritech).  CARPET PLUS,AUCTION IT 4 HER, SHE SHARES, HAND AND CRAFTS et AHMINI sont les premières startups tunisiennes lancées dans le cadre de l'initiative lancée par la Banque mondiale "EmpowerHer"TUNISIE DIGITALE 2020Avec de telles pépites technologiques, pourquoi la Tunisie n'est-elle point reconnue comme un écosystème startup africain ?Outre le manque de communication et de visibilité à l'international, l'écosystème souffre également de la confusion qui s'exerce avec « l'offshoring », la sous-traitance que le plan TUNISIE DIGITALE 2020 encourage afin d'attirer les investissements et créer des emplois dans le secteur des TIC.Au travers du programme « SMART TUNISIA » composante du Plan, le Gouvernement communique aussi bien sur des PM/PMI établis que sur les startups, et c'est cette confusion qui est nuisible.Au même titre que SMART TUNISIA, les startups devraient avoir leur propre programme.Un autre élément est le positionnement de la quasi-totalité des startups tunisiennes sur la niche B2B qui s'explique historiquement, par l'ancrage à l'offshoring, c'est une solution de facilité et de réussite rapide dans un petit marché que de se tourner à l'international, et obtenir un financement plus « accessible ».Certes les startups tunisiennes ne bénéficieront point de l'exposition de leurs concurrentes africaines sur le B2C, il sera difficile de faire émerger une Licorne, mais elles créent plus de valeur, ont une présence à l'international qu'aucun autres pays africains, elles ont acquis des compétences métiers, de la flexibilité qui repoussent la concurrence des sociétés IT qui préfèrent les racheter. Ainsi, VENTE-PRIVEE vient d'annoncer l'acquisition de DACO, startup franco-tunisienne qui met l'intelligence artificielle au service des stratégies concurrentielles des marques.La Tunisie, un véritable « hub » technologiqueMais ce qui fait et fera de la Tunisie un véritable « hub » technologique du continent ce sont les choix en 2017 de l'Union Africaine de faire de la Tunisie, le Centre d'Excellence du Digital Africain, le Centre des Statistiques Africains, et le Centre de la Propriété Intellectuelle et du Droit d'auteur Africain. C'est le fait que le pays va accueillir l'Université Franco-tunisienne pour l'Afrique et la Méditerranée plus important projet éducatif du continent et Station T l'équivalent de Station F l'incubateur de Xavier Niel.Sachant que la Tunisie est déjà le siège de l'ALECSO (Organisation Arabe pour l'Education, la Culture et les Sciences) de l'Union de Radiodiffusion des Etats Arabes, de l'Organisation Arabe de Télécommunication par Satellite, de l'Organisation Arabe des Technologies de l'Information et de la Communication, du Centre Régional de Télédétection des États de l'Afrique du Nord et le Centre de formation de l'Union postale universelle (UPU) pour la Région Arabe et Africaine (l'UPU a confié à la Poste tunisienne la conception d'une plateforme africaine de commerce électronique baptisée "Ecom@Africa").Afin de promouvoir son système de navigation par satellite, BEIDOU (BDS), la Chine a choisi la Tunisie, son premier centre à l'étranger pour couvrir les services aux pays arabes et africains.Et c'est enfin sa place d'organisateur d'évènements numériques d'envergure continentale qui permettra à la Tunisie d'obtenir cette reconnaissance. Et le plus récent Afric'up – Sommet des startups africaines qui a eu lieu le 2 et 3 octobre est déjà considéré comme le Vivatech du continent africain par Business France et l'ensemble des participants africains.Article paru dans CIO Mag N°55 Novembre/Décembre 2018

L’un des plus étonnant écosystème Startups en Afrique - La Tunisie

Quand Partech Ventures a publié début 2018 son étude « sur les investissements en capital dont ont bénéficié en 2017 les startups africaines actives dans le secteur des nouvelles technologies », il révèle à juste titre que le secteur reste largement dominé par les anglophones, Afrique du Sud (167 millions $), Kenya (147 millions $) et Nigeria (114 millions $) en tête.Puis viennent l'Egypte (37), le Rwanda (36,7), le Ghana (20), l'Ouganda (16), et trois pays africains francophones ferment le top 10 : le Sénégal (8e avec 10,7 millions de dollars), le Maroc (3,9) et le Cameroun (2,7).Exit donc de la Tunisie du classement, avec seulement 1,5 million $ levé en 2017. Pour qui connaît la Tunisie, et son écosystème Hightech, il doit y avoir une erreur quelque part.Ecosystème TIC en TunisiePremier pays arabe et africain à se connecter à Internet en 1991, la Tunisie est l'un des principaux points d'entrée des câbles sous-marins internationaux (4) vers l'Afrique. L'Agence Tunisienne d'Internet (ATI) est la seule en Afrique du Nord à être dotée d'un point d'échange internet (TunIXP) et est depuis 2016 le premier centre de formation certifiante IPV6 accréditée par l'AFRINIC (l'African Network Information Center) et gère les serveurs du géant Akamai installés dans le pays.En Tunisie, les TIC représentent, 7,2 % du PIB autant que le tourisme, 7,5 % de taux de croissance, 100 000 emplois (création de 7500 postes/an), 1 200 entreprises TIC implantées.D'autant que le pays a depuis son indépendance mis en place une des politiques les plus volontaristes de formation scientifique et technique, qui produit environ 10000 ingénieurs par an pour une population de 11,6 millions, soit autant que la France proportionnellement, pour une population de 67 millions qui forme environ 32000 ingénieurs an.Abritant 590 laboratoires et unités de recherche en 2015, selon le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, la Tunisie affiche des acquis solides en matière de recherche et développement.Comptant 1 803 chercheurs par million d'habitants en 2014, la Tunisie domine la région MENA et se plaçait troisième en Afrique pour le nombre de publications scientifiques sur la période 1996-2015, selon la Banque Mondiale.Alors comment avec un tel environnement et de telles capacités, la Tunisie n'est point reconnue comme un grand pôle Hightech africain au même titre que l'Afrique du Sud, le Kenya, le Nigéria, le Ghana, le Rwanda, l'Egypte, le Maroc ou encore le Sénégal.Faut-il investir 10 millions $ pour entrer dans le top 10 et être considéré comme un écosystème attractif, innovant pour les investisseurs ? On est en droit de se poser la question…C'est d'autant plus surprenant que le pays en 2018 collectionne les titres, reconnu pays africain le plus innovant (Bloomberg), la première place pour la qualité de son environnement entrepreneurial (Global Entrepreneurship Index) et dispose de la meilleure connexion internet mobile du continent (Speedtest Global Index). La Tunisie regorge de talents inexploités, c'est ce qu'a révélé Forbes dans un article publié le 11 janvier 2018.Déficit de communicationCe manque de visibilité, est avant tout dû à un déficit de communication pas aux compétences, et quand on vit au XXIème siècle, on se doit de reconnaître l'enjeu politique de la communication. La communication au même titre que l'information, la culture, la connaissance sont les industries d'aujourd'hui.Or dans nos sociétés modernes affaiblies par les crises économiques, les tensions et le chômage, le succès est une culture. Il se cultive et devient un mode de communication diffusant une ambition et une attractivité positive pour l'image du pays, telle qu'en Estonie, Jordanie, au Rwanda, au Chili ou à Singapour.Alors quand le Gouvernement tunisien met en place le premier Startup Act africain & arabe pour encadrer, accompagner le développement de l'écosystème startup tunisien, pour aider la jeunesse, force vive du pays et contrer l'exode massif des talents (l'OCDE évoque 95.000 compétences tunisiennes qui ont choisi de quitter leur pays depuis la révolution), il démontre sa volonté, son ambition et a su communiquer sur son initiative.Le pays devient un exemple, un modèle en Afrique, et c'est parce que la Tunisie est « hub » de talents, de savoirs, d'éducation, de recherche et d'innovation à l'échelle africaine, qu'elle a été choisie par l'Alliance Smart Africa pour mener la réflexion sur le développement de l'écosystème startup africain.Financement des startups tunisiennesQu'en est-il alors réellement de cet écosystème ? Selon le site ILBOURSA en Tunisie, le financement des startups tunisiennes s'est élevé en 2017 à plus de 10,5 millions de dollars, loin des 1,5 de Partech Ventures.La prime revient à BARAC (Fintech- Big Data) avec 3,7 $ levés notamment auprès de la Barclays, qui analyse en temps réel les mégadonnées pour mieux protéger les systèmes informatiques, et a été la seule à détecter le virus Wannacry.Puis vient NEXTPROTEIN (Agritech) avec 1,7 $ qui élève des larves de mouches de soldats noires qu'elle transforme en précieux composants pour l'aquaculture et animaux domestiques, ainsi que des engrais agricoles, parmi les investisseurs on compte le fond Kima Ventures de Xavier NIEL, et Jérôme LECAT, investisseur de la Silicon Valley.EXPENSYA (Software) spécialisée dans la gestion intelligente des frais professionnels a levé 1,2 millions. Sa solution est aujourd'hui présente et utilisée dans 30 pays en Europe de l'Ouest, aux États-Unis, au Brésil, en Afrique du Sud, en Tunisie, à Singapour, au Maroc, au Japon, en Chine et à Hong Kong.Puis se succèdent, POLYSMART (jeux vidéo) 0,6, DATAVORA (Big Data) 0,48, ILBOURSA (Média) 0,4, ROAMSMART (Télécom) 0,4, SYMMETRYK (IoT) 0,24, PAYPOS(Software) 0,2 METHANIA, 0,2 (Industrie créative).Au total, l'écosystème en 2017 a connu 25 deals, sans compter les nombreuses startups ou les investisseurs qui préfèrent ne pas communiquer, et qui placerait le pays autour des 18 millions $ d'investissement dans les startups.L'écosystème c'est aussi, une association Tunisian Startups, qui regroupe environ 500 startups, des incubateurs/accélérateurs (plus de 20) très performant, dont IntilaQ, Flat6Labs, BIAT Labs, Cogite, Wiki Startup, U Accelerator, …des Universités de renom Esprit, Université Centrale, des fonds d'investissement, Diva Sicar, Faster Capital, UGFS, et ceux reconnus à l'échelle du continent tel qu'Africinvest, Orange Digital Venture…Success story tunisienneIl est à signaler que 60% des startups agissent à l'exportation, 20% d'entre elles s'orientent vers les marchés européens, 21% vers les marchés africains et 14% vers les marchés du Moyen-Orient et seulement 40% d'entre elles ne vendent pas leurs produits en ligne.Ces startups œuvrant dans des domaines fort variés, participent à leur manière à la « success story » tunisienne, que nous connaissons mais que le monde ne connaît pas hélas.ANAVA a intégré la Startup School de Y Combinator à la Sillicon Valley d'où ont émergé des géants comme Airbnb, Dropbox, Stripe". FAVIZONE, qui offre une solution innovante de personnalisation pour les sites e-commerce s'implante en France, NAVIACOM, spécialisée dans la gestion et la télématique de flotte Machine to Machine, s'est déjà internationalisée au Sénégal, au Burkina Faso, en Mauritanie et en Côte d'Ivoire. La Start-up d'impression photo PICSTORE s'implante au MarocSur 100 startups internationales retenues dans le cadre du programme BIG BOOSTER, 25 provenaient de la région Afrique Moyen-Orient, dont 9 étaient tunisiennes, AUMED, DIGITUS, KATOMI, NEXT GEN CORP, PROVEN MED INTERNATIONAL, TRIPOPT, WATTNOW, WINSHOT et EPILERT.Le WORLD ECONOMIC FORUM a retenu 5 startups tunisiennes qui vont façonner le futur, BARAC, SIMPLE EXPERT, GO MY CODE, NEXTPROTEIN, IRIS TECHNOLOGIE.eFRET.TN site web fonctionnant selon le principe de la bourse de fret a été lauréat du Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient 2017, devant plus de 1000 candidats d'une cinquantaine de paysAXE FINANCE est une vraie success story tunisienne, discrète elle s'est positionnée sur l'activité du « credit process automation » au profit des banques et compte aujourd'hui, 10 000 utilisateurs, 28 banques clientes sur 20 pays.ROAMSMART est totalement méconnue du grand public mais développe des outils dédiés à la gestion de l'activité roaming chez les opérateurs et compte 37 clients des Télécoms sur 31 pays dont ETISALAT, ZAIN, ORANGE, OOREDOO & TELENOR.COGNIRA, qui a réalisé en 2017 des revenus de 4 millions de dollars, veut devenir une référence mondiale dans le Retail Analytics. Au moins une douzaine de fonds d'investissement veulent aujourd'hui investir dans COGNIRA ce qui témoigne du grand potentiel de développement dont elle dispose et de la bonne réputation dont elle jouit auprès des fonds d'investissement ainsi que de ses 23 clients.INSTADEEP est la référence en Afrique en intelligence artificielle elle développe des informations accélérées par le GPU aux systèmes de prise de décision en auto-apprentissage basés sur les avancées de la R & D en intelligence artificielle. Fondé en octobre 2015, compte aujourd'hui plus de 60 employés répartis dans cinq bureaux, Tunis Londres, Paris, Nairobi et Lagos.La première startup africaine à fabriquer des robots de façon industrielle de surveillance,ENOVA ROBOTICS vient de lever 1,5 million € pour étendre ses activités en Europe.Comme on le voit, la Tunisie ne manque pas de success story et se positionne également dans des secteurs clés tels que la Fintech (SWIVER, PAYPOS, ULTIMIUM, VNEURON, HADRUM, KAOUN, MITIGAN…), de l'intelligence artificielle, de la Blockchain (ELECTRIFY NETWORK, DIGITUS, l'ouverture du DAR BLOCKCHAIN, premier incubateur Blockchain du continent et l'Africa Blockchain Summit organisé en Tunisie en mai 2018.De même en Tunisie, l'entrepreneuriat des femmes a le vent en poupe. Plusieurs startups sont dirigées par des femmes SEABEX et iFARMING, (agritech).  CARPET PLUS,AUCTION IT 4 HER, SHE SHARES, HAND AND CRAFTS et AHMINI sont les premières startups tunisiennes lancées dans le cadre de l'initiative lancée par la Banque mondiale "EmpowerHer"TUNISIE DIGITALE 2020Avec de telles pépites technologiques, pourquoi la Tunisie n'est-elle point reconnue comme un écosystème startup africain ?Outre le manque de communication et de visibilité à l'international, l'écosystème souffre également de la confusion qui s'exerce avec « l'offshoring », la sous-traitance que le plan TUNISIE DIGITALE 2020 encourage afin d'attirer les investissements et créer des emplois dans le secteur des TIC.Au travers du programme « SMART TUNISIA » composante du Plan, le Gouvernement communique aussi bien sur des PM/PMI établis que sur les startups, et c'est cette confusion qui est nuisible.Au même titre que SMART TUNISIA, les startups devraient avoir leur propre programme.Un autre élément est le positionnement de la quasi-totalité des startups tunisiennes sur la niche B2B qui s'explique historiquement, par l'ancrage à l'offshoring, c'est une solution de facilité et de réussite rapide dans un petit marché que de se tourner à l'international, et obtenir un financement plus « accessible ».Certes les startups tunisiennes ne bénéficieront point de l'exposition de leurs concurrentes africaines sur le B2C, il sera difficile de faire émerger une Licorne, mais elles créent plus de valeur, ont une présence à l'international qu'aucun autres pays africains, elles ont acquis des compétences métiers, de la flexibilité qui repoussent la concurrence des sociétés IT qui préfèrent les racheter. Ainsi, VENTE-PRIVEE vient d'annoncer l'acquisition de DACO, startup franco-tunisienne qui met l'intelligence artificielle au service des stratégies concurrentielles des marques.La Tunisie, un véritable « hub » technologiqueMais ce qui fait et fera de la Tunisie un véritable « hub » technologique du continent ce sont les choix en 2017 de l'Union Africaine de faire de la Tunisie, le Centre d'Excellence du Digital Africain, le Centre des Statistiques Africains, et le Centre de la Propriété Intellectuelle et du Droit d'auteur Africain. C'est le fait que le pays va accueillir l'Université Franco-tunisienne pour l'Afrique et la Méditerranée plus important projet éducatif du continent et Station T l'équivalent de Station F l'incubateur de Xavier Niel.Sachant que la Tunisie est déjà le siège de l'ALECSO (Organisation Arabe pour l'Education, la Culture et les Sciences) de l'Union de Radiodiffusion des Etats Arabes, de l'Organisation Arabe de Télécommunication par Satellite, de l'Organisation Arabe des Technologies de l'Information et de la Communication, du Centre Régional de Télédétection des États de l'Afrique du Nord et le Centre de formation de l'Union postale universelle (UPU) pour la Région Arabe et Africaine (l'UPU a confié à la Poste tunisienne la conception d'une plateforme africaine de commerce électronique baptisée "Ecom@Africa").Afin de promouvoir son système de navigation par satellite, BEIDOU (BDS), la Chine a choisi la Tunisie, son premier centre à l'étranger pour couvrir les services aux pays arabes et africains.Et c'est enfin sa place d'organisateur d'évènements numériques d'envergure continentale qui permettra à la Tunisie d'obtenir cette reconnaissance. Et le plus récent Afric'up – Sommet des startups africaines qui a eu lieu le 2 et 3 octobre est déjà considéré comme le Vivatech du continent africain par Business France et l'ensemble des participants africains.Article paru dans CIO Mag N°55 Novembre/Décembre 2018

L’un des plus étonnant écosystème Startups en Afrique - La Tunisie

Quand Partech Ventures a publié début 2018 son étude « sur les investissements en capital dont ont bénéficié en 2017 les startups africaines actives dans le secteur des nouvelles technologies », il révèle à juste titre que le secteur reste largement dominé par les anglophones, Afrique du Sud (167 millions $), Kenya (147 millions $) et Nigeria (114 millions $) en tête.Puis viennent l'Egypte (37), le Rwanda (36,7), le Ghana (20), l'Ouganda (16), et trois pays africains francophones ferment le top 10 : le Sénégal (8e avec 10,7 millions de dollars), le Maroc (3,9) et le Cameroun (2,7).Exit donc de la Tunisie du classement, avec seulement 1,5 million $ levé en 2017. Pour qui connaît la Tunisie, et son écosystème Hightech, il doit y avoir une erreur quelque part.Ecosystème TIC en TunisiePremier pays arabe et africain à se connecter à Internet en 1991, la Tunisie est l'un des principaux points d'entrée des câbles sous-marins internationaux (4) vers l'Afrique. L'Agence Tunisienne d'Internet (ATI) est la seule en Afrique du Nord à être dotée d'un point d'échange internet (TunIXP) et est depuis 2016 le premier centre de formation certifiante IPV6 accréditée par l'AFRINIC (l'African Network Information Center) et gère les serveurs du géant Akamai installés dans le pays.En Tunisie, les TIC représentent, 7,2 % du PIB autant que le tourisme, 7,5 % de taux de croissance, 100 000 emplois (création de 7500 postes/an), 1 200 entreprises TIC implantées.D'autant que le pays a depuis son indépendance mis en place une des politiques les plus volontaristes de formation scientifique et technique, qui produit environ 10000 ingénieurs par an pour une population de 11,6 millions, soit autant que la France proportionnellement, pour une population de 67 millions qui forme environ 32000 ingénieurs an.Abritant 590 laboratoires et unités de recherche en 2015, selon le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, la Tunisie affiche des acquis solides en matière de recherche et développement.Comptant 1 803 chercheurs par million d'habitants en 2014, la Tunisie domine la région MENA et se plaçait troisième en Afrique pour le nombre de publications scientifiques sur la période 1996-2015, selon la Banque Mondiale.Alors comment avec un tel environnement et de telles capacités, la Tunisie n'est point reconnue comme un grand pôle Hightech africain au même titre que l'Afrique du Sud, le Kenya, le Nigéria, le Ghana, le Rwanda, l'Egypte, le Maroc ou encore le Sénégal.Faut-il investir 10 millions $ pour entrer dans le top 10 et être considéré comme un écosystème attractif, innovant pour les investisseurs ? On est en droit de se poser la question…C'est d'autant plus surprenant que le pays en 2018 collectionne les titres, reconnu pays africain le plus innovant (Bloomberg), la première place pour la qualité de son environnement entrepreneurial (Global Entrepreneurship Index) et dispose de la meilleure connexion internet mobile du continent (Speedtest Global Index). La Tunisie regorge de talents inexploités, c'est ce qu'a révélé Forbes dans un article publié le 11 janvier 2018.Déficit de communicationCe manque de visibilité, est avant tout dû à un déficit de communication pas aux compétences, et quand on vit au XXIème siècle, on se doit de reconnaître l'enjeu politique de la communication. La communication au même titre que l'information, la culture, la connaissance sont les industries d'aujourd'hui.Or dans nos sociétés modernes affaiblies par les crises économiques, les tensions et le chômage, le succès est une culture. Il se cultive et devient un mode de communication diffusant une ambition et une attractivité positive pour l'image du pays, telle qu'en Estonie, Jordanie, au Rwanda, au Chili ou à Singapour.Alors quand le Gouvernement tunisien met en place le premier Startup Act africain & arabe pour encadrer, accompagner le développement de l'écosystème startup tunisien, pour aider la jeunesse, force vive du pays et contrer l'exode massif des talents (l'OCDE évoque 95.000 compétences tunisiennes qui ont choisi de quitter leur pays depuis la révolution), il démontre sa volonté, son ambition et a su communiquer sur son initiative.Le pays devient un exemple, un modèle en Afrique, et c'est parce que la Tunisie est « hub » de talents, de savoirs, d'éducation, de recherche et d'innovation à l'échelle africaine, qu'elle a été choisie par l'Alliance Smart Africa pour mener la réflexion sur le développement de l'écosystème startup africain.Financement des startups tunisiennesQu'en est-il alors réellement de cet écosystème ? Selon le site ILBOURSA en Tunisie, le financement des startups tunisiennes s'est élevé en 2017 à plus de 10,5 millions de dollars, loin des 1,5 de Partech Ventures.La prime revient à BARAC (Fintech- Big Data) avec 3,7 $ levés notamment auprès de la Barclays, qui analyse en temps réel les mégadonnées pour mieux protéger les systèmes informatiques, et a été la seule à détecter le virus Wannacry.Puis vient NEXTPROTEIN (Agritech) avec 1,7 $ qui élève des larves de mouches de soldats noires qu'elle transforme en précieux composants pour l'aquaculture et animaux domestiques, ainsi que des engrais agricoles, parmi les investisseurs on compte le fond Kima Ventures de Xavier NIEL, et Jérôme LECAT, investisseur de la Silicon Valley.EXPENSYA (Software) spécialisée dans la gestion intelligente des frais professionnels a levé 1,2 millions. Sa solution est aujourd'hui présente et utilisée dans 30 pays en Europe de l'Ouest, aux États-Unis, au Brésil, en Afrique du Sud, en Tunisie, à Singapour, au Maroc, au Japon, en Chine et à Hong Kong.Puis se succèdent, POLYSMART (jeux vidéo) 0,6, DATAVORA (Big Data) 0,48, ILBOURSA (Média) 0,4, ROAMSMART (Télécom) 0,4, SYMMETRYK (IoT) 0,24, PAYPOS(Software) 0,2 METHANIA, 0,2 (Industrie créative).Au total, l'écosystème en 2017 a connu 25 deals, sans compter les nombreuses startups ou les investisseurs qui préfèrent ne pas communiquer, et qui placerait le pays autour des 18 millions $ d'investissement dans les startups.L'écosystème c'est aussi, une association Tunisian Startups, qui regroupe environ 500 startups, des incubateurs/accélérateurs (plus de 20) très performant, dont IntilaQ, Flat6Labs, BIAT Labs, Cogite, Wiki Startup, U Accelerator, …des Universités de renom Esprit, Université Centrale, des fonds d'investissement, Diva Sicar, Faster Capital, UGFS, et ceux reconnus à l'échelle du continent tel qu'Africinvest, Orange Digital Venture…Success story tunisienneIl est à signaler que 60% des startups agissent à l'exportation, 20% d'entre elles s'orientent vers les marchés européens, 21% vers les marchés africains et 14% vers les marchés du Moyen-Orient et seulement 40% d'entre elles ne vendent pas leurs produits en ligne.Ces startups œuvrant dans des domaines fort variés, participent à leur manière à la « success story » tunisienne, que nous connaissons mais que le monde ne connaît pas hélas.ANAVA a intégré la Startup School de Y Combinator à la Sillicon Valley d'où ont émergé des géants comme Airbnb, Dropbox, Stripe". FAVIZONE, qui offre une solution innovante de personnalisation pour les sites e-commerce s'implante en France, NAVIACOM, spécialisée dans la gestion et la télématique de flotte Machine to Machine, s'est déjà internationalisée au Sénégal, au Burkina Faso, en Mauritanie et en Côte d'Ivoire. La Start-up d'impression photo PICSTORE s'implante au MarocSur 100 startups internationales retenues dans le cadre du programme BIG BOOSTER, 25 provenaient de la région Afrique Moyen-Orient, dont 9 étaient tunisiennes, AUMED, DIGITUS, KATOMI, NEXT GEN CORP, PROVEN MED INTERNATIONAL, TRIPOPT, WATTNOW, WINSHOT et EPILERT.Le WORLD ECONOMIC FORUM a retenu 5 startups tunisiennes qui vont façonner le futur, BARAC, SIMPLE EXPERT, GO MY CODE, NEXTPROTEIN, IRIS TECHNOLOGIE.eFRET.TN site web fonctionnant selon le principe de la bourse de fret a été lauréat du Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient 2017, devant plus de 1000 candidats d'une cinquantaine de paysAXE FINANCE est une vraie success story tunisienne, discrète elle s'est positionnée sur l'activité du « credit process automation » au profit des banques et compte aujourd'hui, 10 000 utilisateurs, 28 banques clientes sur 20 pays.ROAMSMART est totalement méconnue du grand public mais développe des outils dédiés à la gestion de l'activité roaming chez les opérateurs et compte 37 clients des Télécoms sur 31 pays dont ETISALAT, ZAIN, ORANGE, OOREDOO & TELENOR.COGNIRA, qui a réalisé en 2017 des revenus de 4 millions de dollars, veut devenir une référence mondiale dans le Retail Analytics. Au moins une douzaine de fonds d'investissement veulent aujourd'hui investir dans COGNIRA ce qui témoigne du grand potentiel de développement dont elle dispose et de la bonne réputation dont elle jouit auprès des fonds d'investissement ainsi que de ses 23 clients.INSTADEEP est la référence en Afrique en intelligence artificielle elle développe des informations accélérées par le GPU aux systèmes de prise de décision en auto-apprentissage basés sur les avancées de la R & D en intelligence artificielle. Fondé en octobre 2015, compte aujourd'hui plus de 60 employés répartis dans cinq bureaux, Tunis Londres, Paris, Nairobi et Lagos.La première startup africaine à fabriquer des robots de façon industrielle de surveillance,ENOVA ROBOTICS vient de lever 1,5 million € pour étendre ses activités en Europe.Comme on le voit, la Tunisie ne manque pas de success story et se positionne également dans des secteurs clés tels que la Fintech (SWIVER, PAYPOS, ULTIMIUM, VNEURON, HADRUM, KAOUN, MITIGAN…), de l'intelligence artificielle, de la Blockchain (ELECTRIFY NETWORK, DIGITUS, l'ouverture du DAR BLOCKCHAIN, premier incubateur Blockchain du continent et l'Africa Blockchain Summit organisé en Tunisie en mai 2018.De même en Tunisie, l'entrepreneuriat des femmes a le vent en poupe. Plusieurs startups sont dirigées par des femmes SEABEX et iFARMING, (agritech).  CARPET PLUS,AUCTION IT 4 HER, SHE SHARES, HAND AND CRAFTS et AHMINI sont les premières startups tunisiennes lancées dans le cadre de l'initiative lancée par la Banque mondiale "EmpowerHer"TUNISIE DIGITALE 2020Avec de telles pépites technologiques, pourquoi la Tunisie n'est-elle point reconnue comme un écosystème startup africain ?Outre le manque de communication et de visibilité à l'international, l'écosystème souffre également de la confusion qui s'exerce avec « l'offshoring », la sous-traitance que le plan TUNISIE DIGITALE 2020 encourage afin d'attirer les investissements et créer des emplois dans le secteur des TIC.Au travers du programme « SMART TUNISIA » composante du Plan, le Gouvernement communique aussi bien sur des PM/PMI établis que sur les startups, et c'est cette confusion qui est nuisible.Au même titre que SMART TUNISIA, les startups devraient avoir leur propre programme.Un autre élément est le positionnement de la quasi-totalité des startups tunisiennes sur la niche B2B qui s'explique historiquement, par l'ancrage à l'offshoring, c'est une solution de facilité et de réussite rapide dans un petit marché que de se tourner à l'international, et obtenir un financement plus « accessible ».Certes les startups tunisiennes ne bénéficieront point de l'exposition de leurs concurrentes africaines sur le B2C, il sera difficile de faire émerger une Licorne, mais elles créent plus de valeur, ont une présence à l'international qu'aucun autres pays africains, elles ont acquis des compétences métiers, de la flexibilité qui repoussent la concurrence des sociétés IT qui préfèrent les racheter. Ainsi, VENTE-PRIVEE vient d'annoncer l'acquisition de DACO, startup franco-tunisienne qui met l'intelligence artificielle au service des stratégies concurrentielles des marques.La Tunisie, un véritable « hub » technologiqueMais ce qui fait et fera de la Tunisie un véritable « hub » technologique du continent ce sont les choix en 2017 de l'Union Africaine de faire de la Tunisie, le Centre d'Excellence du Digital Africain, le Centre des Statistiques Africains, et le Centre de la Propriété Intellectuelle et du Droit d'auteur Africain. C'est le fait que le pays va accueillir l'Université Franco-tunisienne pour l'Afrique et la Méditerranée plus important projet éducatif du continent et Station T l'équivalent de Station F l'incubateur de Xavier Niel.Sachant que la Tunisie est déjà le siège de l'ALECSO (Organisation Arabe pour l'Education, la Culture et les Sciences) de l'Union de Radiodiffusion des Etats Arabes, de l'Organisation Arabe de Télécommunication par Satellite, de l'Organisation Arabe des Technologies de l'Information et de la Communication, du Centre Régional de Télédétection des États de l'Afrique du Nord et le Centre de formation de l'Union postale universelle (UPU) pour la Région Arabe et Africaine (l'UPU a confié à la Poste tunisienne la conception d'une plateforme africaine de commerce électronique baptisée "Ecom@Africa").Afin de promouvoir son système de navigation par satellite, BEIDOU (BDS), la Chine a choisi la Tunisie, son premier centre à l'étranger pour couvrir les services aux pays arabes et africains.Et c'est enfin sa place d'organisateur d'évènements numériques d'envergure continentale qui permettra à la Tunisie d'obtenir cette reconnaissance. Et le plus récent Afric'up – Sommet des startups africaines qui a eu lieu le 2 et 3 octobre est déjà considéré comme le Vivatech du continent africain par Business France et l'ensemble des participants africains.Article paru dans CIO Mag N°55 Novembre/Décembre 2018

L’un des plus étonnant écosystème Startups en Afrique - La Tunisie

Quand Partech Ventures a publié début 2018 son étude « sur les investissements en capital dont ont bénéficié en 2017 les startups africaines actives dans le secteur des nouvelles technologies », il révèle à juste titre que le secteur reste largement dominé par les anglophones, Afrique du Sud (167 millions $), Kenya (147 millions $) et Nigeria (114 millions $) en tête.Puis viennent l'Egypte (37), le Rwanda (36,7), le Ghana (20), l'Ouganda (16), et trois pays africains francophones ferment le top 10 : le Sénégal (8e avec 10,7 millions de dollars), le Maroc (3,9) et le Cameroun (2,7).Exit donc de la Tunisie du classement, avec seulement 1,5 million $ levé en 2017. Pour qui connaît la Tunisie, et son écosystème Hightech, il doit y avoir une erreur quelque part.Ecosystème TIC en TunisiePremier pays arabe et africain à se connecter à Internet en 1991, la Tunisie est l'un des principaux points d'entrée des câbles sous-marins internationaux (4) vers l'Afrique. L'Agence Tunisienne d'Internet (ATI) est la seule en Afrique du Nord à être dotée d'un point d'échange internet (TunIXP) et est depuis 2016 le premier centre de formation certifiante IPV6 accréditée par l'AFRINIC (l'African Network Information Center) et gère les serveurs du géant Akamai installés dans le pays.En Tunisie, les TIC représentent, 7,2 % du PIB autant que le tourisme, 7,5 % de taux de croissance, 100 000 emplois (création de 7500 postes/an), 1 200 entreprises TIC implantées.D'autant que le pays a depuis son indépendance mis en place une des politiques les plus volontaristes de formation scientifique et technique, qui produit environ 10000 ingénieurs par an pour une population de 11,6 millions, soit autant que la France proportionnellement, pour une population de 67 millions qui forme environ 32000 ingénieurs an.Abritant 590 laboratoires et unités de recherche en 2015, selon le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, la Tunisie affiche des acquis solides en matière de recherche et développement.Comptant 1 803 chercheurs par million d'habitants en 2014, la Tunisie domine la région MENA et se plaçait troisième en Afrique pour le nombre de publications scientifiques sur la période 1996-2015, selon la Banque Mondiale.Alors comment avec un tel environnement et de telles capacités, la Tunisie n'est point reconnue comme un grand pôle Hightech africain au même titre que l'Afrique du Sud, le Kenya, le Nigéria, le Ghana, le Rwanda, l'Egypte, le Maroc ou encore le Sénégal.Faut-il investir 10 millions $ pour entrer dans le top 10 et être considéré comme un écosystème attractif, innovant pour les investisseurs ? On est en droit de se poser la question…C'est d'autant plus surprenant que le pays en 2018 collectionne les titres, reconnu pays africain le plus innovant (Bloomberg), la première place pour la qualité de son environnement entrepreneurial (Global Entrepreneurship Index) et dispose de la meilleure connexion internet mobile du continent (Speedtest Global Index). La Tunisie regorge de talents inexploités, c'est ce qu'a révélé Forbes dans un article publié le 11 janvier 2018.Déficit de communicationCe manque de visibilité, est avant tout dû à un déficit de communication pas aux compétences, et quand on vit au XXIème siècle, on se doit de reconnaître l'enjeu politique de la communication. La communication au même titre que l'information, la culture, la connaissance sont les industries d'aujourd'hui.Or dans nos sociétés modernes affaiblies par les crises économiques, les tensions et le chômage, le succès est une culture. Il se cultive et devient un mode de communication diffusant une ambition et une attractivité positive pour l'image du pays, telle qu'en Estonie, Jordanie, au Rwanda, au Chili ou à Singapour.Alors quand le Gouvernement tunisien met en place le premier Startup Act africain & arabe pour encadrer, accompagner le développement de l'écosystème startup tunisien, pour aider la jeunesse, force vive du pays et contrer l'exode massif des talents (l'OCDE évoque 95.000 compétences tunisiennes qui ont choisi de quitter leur pays depuis la révolution), il démontre sa volonté, son ambition et a su communiquer sur son initiative.Le pays devient un exemple, un modèle en Afrique, et c'est parce que la Tunisie est « hub » de talents, de savoirs, d'éducation, de recherche et d'innovation à l'échelle africaine, qu'elle a été choisie par l'Alliance Smart Africa pour mener la réflexion sur le développement de l'écosystème startup africain.Financement des startups tunisiennesQu'en est-il alors réellement de cet écosystème ? Selon le site ILBOURSA en Tunisie, le financement des startups tunisiennes s'est élevé en 2017 à plus de 10,5 millions de dollars, loin des 1,5 de Partech Ventures.La prime revient à BARAC (Fintech- Big Data) avec 3,7 $ levés notamment auprès de la Barclays, qui analyse en temps réel les mégadonnées pour mieux protéger les systèmes informatiques, et a été la seule à détecter le virus Wannacry.Puis vient NEXTPROTEIN (Agritech) avec 1,7 $ qui élève des larves de mouches de soldats noires qu'elle transforme en précieux composants pour l'aquaculture et animaux domestiques, ainsi que des engrais agricoles, parmi les investisseurs on compte le fond Kima Ventures de Xavier NIEL, et Jérôme LECAT, investisseur de la Silicon Valley.EXPENSYA (Software) spécialisée dans la gestion intelligente des frais professionnels a levé 1,2 millions. Sa solution est aujourd'hui présente et utilisée dans 30 pays en Europe de l'Ouest, aux États-Unis, au Brésil, en Afrique du Sud, en Tunisie, à Singapour, au Maroc, au Japon, en Chine et à Hong Kong.Puis se succèdent, POLYSMART (jeux vidéo) 0,6, DATAVORA (Big Data) 0,48, ILBOURSA (Média) 0,4, ROAMSMART (Télécom) 0,4, SYMMETRYK (IoT) 0,24, PAYPOS(Software) 0,2 METHANIA, 0,2 (Industrie créative).Au total, l'écosystème en 2017 a connu 25 deals, sans compter les nombreuses startups ou les investisseurs qui préfèrent ne pas communiquer, et qui placerait le pays autour des 18 millions $ d'investissement dans les startups.L'écosystème c'est aussi, une association Tunisian Startups, qui regroupe environ 500 startups, des incubateurs/accélérateurs (plus de 20) très performant, dont IntilaQ, Flat6Labs, BIAT Labs, Cogite, Wiki Startup, U Accelerator, …des Universités de renom Esprit, Université Centrale, des fonds d'investissement, Diva Sicar, Faster Capital, UGFS, et ceux reconnus à l'échelle du continent tel qu'Africinvest, Orange Digital Venture…Success story tunisienneIl est à signaler que 60% des startups agissent à l'exportation, 20% d'entre elles s'orientent vers les marchés européens, 21% vers les marchés africains et 14% vers les marchés du Moyen-Orient et seulement 40% d'entre elles ne vendent pas leurs produits en ligne.Ces startups œuvrant dans des domaines fort variés, participent à leur manière à la « success story » tunisienne, que nous connaissons mais que le monde ne connaît pas hélas.ANAVA a intégré la Startup School de Y Combinator à la Sillicon Valley d'où ont émergé des géants comme Airbnb, Dropbox, Stripe". FAVIZONE, qui offre une solution innovante de personnalisation pour les sites e-commerce s'implante en France, NAVIACOM, spécialisée dans la gestion et la télématique de flotte Machine to Machine, s'est déjà internationalisée au Sénégal, au Burkina Faso, en Mauritanie et en Côte d'Ivoire. La Start-up d'impression photo PICSTORE s'implante au MarocSur 100 startups internationales retenues dans le cadre du programme BIG BOOSTER, 25 provenaient de la région Afrique Moyen-Orient, dont 9 étaient tunisiennes, AUMED, DIGITUS, KATOMI, NEXT GEN CORP, PROVEN MED INTERNATIONAL, TRIPOPT, WATTNOW, WINSHOT et EPILERT.Le WORLD ECONOMIC FORUM a retenu 5 startups tunisiennes qui vont façonner le futur, BARAC, SIMPLE EXPERT, GO MY CODE, NEXTPROTEIN, IRIS TECHNOLOGIE.eFRET.TN site web fonctionnant selon le principe de la bourse de fret a été lauréat du Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient 2017, devant plus de 1000 candidats d'une cinquantaine de paysAXE FINANCE est une vraie success story tunisienne, discrète elle s'est positionnée sur l'activité du « credit process automation » au profit des banques et compte aujourd'hui, 10 000 utilisateurs, 28 banques clientes sur 20 pays.ROAMSMART est totalement méconnue du grand public mais développe des outils dédiés à la gestion de l'activité roaming chez les opérateurs et compte 37 clients des Télécoms sur 31 pays dont ETISALAT, ZAIN, ORANGE, OOREDOO & TELENOR.COGNIRA, qui a réalisé en 2017 des revenus de 4 millions de dollars, veut devenir une référence mondiale dans le Retail Analytics. Au moins une douzaine de fonds d'investissement veulent aujourd'hui investir dans COGNIRA ce qui témoigne du grand potentiel de développement dont elle dispose et de la bonne réputation dont elle jouit auprès des fonds d'investissement ainsi que de ses 23 clients.INSTADEEP est la référence en Afrique en intelligence artificielle elle développe des informations accélérées par le GPU aux systèmes de prise de décision en auto-apprentissage basés sur les avancées de la R & D en intelligence artificielle. Fondé en octobre 2015, compte aujourd'hui plus de 60 employés répartis dans cinq bureaux, Tunis Londres, Paris, Nairobi et Lagos.La première startup africaine à fabriquer des robots de façon industrielle de surveillance,ENOVA ROBOTICS vient de lever 1,5 million € pour étendre ses activités en Europe.Comme on le voit, la Tunisie ne manque pas de success story et se positionne également dans des secteurs clés tels que la Fintech (SWIVER, PAYPOS, ULTIMIUM, VNEURON, HADRUM, KAOUN, MITIGAN…), de l'intelligence artificielle, de la Blockchain (ELECTRIFY NETWORK, DIGITUS, l'ouverture du DAR BLOCKCHAIN, premier incubateur Blockchain du continent et l'Africa Blockchain Summit organisé en Tunisie en mai 2018.De même en Tunisie, l'entrepreneuriat des femmes a le vent en poupe. Plusieurs startups sont dirigées par des femmes SEABEX et iFARMING, (agritech).  CARPET PLUS,AUCTION IT 4 HER, SHE SHARES, HAND AND CRAFTS et AHMINI sont les premières startups tunisiennes lancées dans le cadre de l'initiative lancée par la Banque mondiale "EmpowerHer"TUNISIE DIGITALE 2020Avec de telles pépites technologiques, pourquoi la Tunisie n'est-elle point reconnue comme un écosystème startup africain ?Outre le manque de communication et de visibilité à l'international, l'écosystème souffre également de la confusion qui s'exerce avec « l'offshoring », la sous-traitance que le plan TUNISIE DIGITALE 2020 encourage afin d'attirer les investissements et créer des emplois dans le secteur des TIC.Au travers du programme « SMART TUNISIA » composante du Plan, le Gouvernement communique aussi bien sur des PM/PMI établis que sur les startups, et c'est cette confusion qui est nuisible.Au même titre que SMART TUNISIA, les startups devraient avoir leur propre programme.Un autre élément est le positionnement de la quasi-totalité des startups tunisiennes sur la niche B2B qui s'explique historiquement, par l'ancrage à l'offshoring, c'est une solution de facilité et de réussite rapide dans un petit marché que de se tourner à l'international, et obtenir un financement plus « accessible ».Certes les startups tunisiennes ne bénéficieront point de l'exposition de leurs concurrentes africaines sur le B2C, il sera difficile de faire émerger une Licorne, mais elles créent plus de valeur, ont une présence à l'international qu'aucun autres pays africains, elles ont acquis des compétences métiers, de la flexibilité qui repoussent la concurrence des sociétés IT qui préfèrent les racheter. Ainsi, VENTE-PRIVEE vient d'annoncer l'acquisition de DACO, startup franco-tunisienne qui met l'intelligence artificielle au service des stratégies concurrentielles des marques.La Tunisie, un véritable « hub » technologiqueMais ce qui fait et fera de la Tunisie un véritable « hub » technologique du continent ce sont les choix en 2017 de l'Union Africaine de faire de la Tunisie, le Centre d'Excellence du Digital Africain, le Centre des Statistiques Africains, et le Centre de la Propriété Intellectuelle et du Droit d'auteur Africain. C'est le fait que le pays va accueillir l'Université Franco-tunisienne pour l'Afrique et la Méditerranée plus important projet éducatif du continent et Station T l'équivalent de Station F l'incubateur de Xavier Niel.Sachant que la Tunisie est déjà le siège de l'ALECSO (Organisation Arabe pour l'Education, la Culture et les Sciences) de l'Union de Radiodiffusion des Etats Arabes, de l'Organisation Arabe de Télécommunication par Satellite, de l'Organisation Arabe des Technologies de l'Information et de la Communication, du Centre Régional de Télédétection des États de l'Afrique du Nord et le Centre de formation de l'Union postale universelle (UPU) pour la Région Arabe et Africaine (l'UPU a confié à la Poste tunisienne la conception d'une plateforme africaine de commerce électronique baptisée "Ecom@Africa").Afin de promouvoir son système de navigation par satellite, BEIDOU (BDS), la Chine a choisi la Tunisie, son premier centre à l'étranger pour couvrir les services aux pays arabes et africains.Et c'est enfin sa place d'organisateur d'évènements numériques d'envergure continentale qui permettra à la Tunisie d'obtenir cette reconnaissance. Et le plus récent Afric'up – Sommet des startups africaines qui a eu lieu le 2 et 3 octobre est déjà considéré comme le Vivatech du continent africain par Business France et l'ensemble des participants africains.Article paru dans CIO Mag N°55 Novembre/Décembre 2018

L’un des plus étonnant écosystème Startups en Afrique - La Tunisie

Quand Partech Ventures a publié début 2018 son étude « sur les investissements en capital dont ont bénéficié en 2017 les startups africaines actives dans le secteur des nouvelles technologies », il révèle à juste titre que le secteur reste largement dominé par les anglophones, Afrique du Sud (167 millions $), Kenya (147 millions $) et Nigeria (114 millions $) en tête.Puis viennent l'Egypte (37), le Rwanda (36,7), le Ghana (20), l'Ouganda (16), et trois pays africains francophones ferment le top 10 : le Sénégal (8e avec 10,7 millions de dollars), le Maroc (3,9) et le Cameroun (2,7).Exit donc de la Tunisie du classement, avec seulement 1,5 million $ levé en 2017. Pour qui connaît la Tunisie, et son écosystème Hightech, il doit y avoir une erreur quelque part.Ecosystème TIC en TunisiePremier pays arabe et africain à se connecter à Internet en 1991, la Tunisie est l'un des principaux points d'entrée des câbles sous-marins internationaux (4) vers l'Afrique. L'Agence Tunisienne d'Internet (ATI) est la seule en Afrique du Nord à être dotée d'un point d'échange internet (TunIXP) et est depuis 2016 le premier centre de formation certifiante IPV6 accréditée par l'AFRINIC (l'African Network Information Center) et gère les serveurs du géant Akamai installés dans le pays.En Tunisie, les TIC représentent, 7,2 % du PIB autant que le tourisme, 7,5 % de taux de croissance, 100 000 emplois (création de 7500 postes/an), 1 200 entreprises TIC implantées.D'autant que le pays a depuis son indépendance mis en place une des politiques les plus volontaristes de formation scientifique et technique, qui produit environ 10000 ingénieurs par an pour une population de 11,6 millions, soit autant que la France proportionnellement, pour une population de 67 millions qui forme environ 32000 ingénieurs an.Abritant 590 laboratoires et unités de recherche en 2015, selon le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, la Tunisie affiche des acquis solides en matière de recherche et développement.Comptant 1 803 chercheurs par million d'habitants en 2014, la Tunisie domine la région MENA et se plaçait troisième en Afrique pour le nombre de publications scientifiques sur la période 1996-2015, selon la Banque Mondiale.Alors comment avec un tel environnement et de telles capacités, la Tunisie n'est point reconnue comme un grand pôle Hightech africain au même titre que l'Afrique du Sud, le Kenya, le Nigéria, le Ghana, le Rwanda, l'Egypte, le Maroc ou encore le Sénégal.Faut-il investir 10 millions $ pour entrer dans le top 10 et être considéré comme un écosystème attractif, innovant pour les investisseurs ? On est en droit de se poser la question…C'est d'autant plus surprenant que le pays en 2018 collectionne les titres, reconnu pays africain le plus innovant (Bloomberg), la première place pour la qualité de son environnement entrepreneurial (Global Entrepreneurship Index) et dispose de la meilleure connexion internet mobile du continent (Speedtest Global Index). La Tunisie regorge de talents inexploités, c'est ce qu'a révélé Forbes dans un article publié le 11 janvier 2018.Déficit de communicationCe manque de visibilité, est avant tout dû à un déficit de communication pas aux compétences, et quand on vit au XXIème siècle, on se doit de reconnaître l'enjeu politique de la communication. La communication au même titre que l'information, la culture, la connaissance sont les industries d'aujourd'hui.Or dans nos sociétés modernes affaiblies par les crises économiques, les tensions et le chômage, le succès est une culture. Il se cultive et devient un mode de communication diffusant une ambition et une attractivité positive pour l'image du pays, telle qu'en Estonie, Jordanie, au Rwanda, au Chili ou à Singapour.Alors quand le Gouvernement tunisien met en place le premier Startup Act africain & arabe pour encadrer, accompagner le développement de l'écosystème startup tunisien, pour aider la jeunesse, force vive du pays et contrer l'exode massif des talents (l'OCDE évoque 95.000 compétences tunisiennes qui ont choisi de quitter leur pays depuis la révolution), il démontre sa volonté, son ambition et a su communiquer sur son initiative.Le pays devient un exemple, un modèle en Afrique, et c'est parce que la Tunisie est « hub » de talents, de savoirs, d'éducation, de recherche et d'innovation à l'échelle africaine, qu'elle a été choisie par l'Alliance Smart Africa pour mener la réflexion sur le développement de l'écosystème startup africain.Financement des startups tunisiennesQu'en est-il alors réellement de cet écosystème ? Selon le site ILBOURSA en Tunisie, le financement des startups tunisiennes s'est élevé en 2017 à plus de 10,5 millions de dollars, loin des 1,5 de Partech Ventures.La prime revient à BARAC (Fintech- Big Data) avec 3,7 $ levés notamment auprès de la Barclays, qui analyse en temps réel les mégadonnées pour mieux protéger les systèmes informatiques, et a été la seule à détecter le virus Wannacry.Puis vient NEXTPROTEIN (Agritech) avec 1,7 $ qui élève des larves de mouches de soldats noires qu'elle transforme en précieux composants pour l'aquaculture et animaux domestiques, ainsi que des engrais agricoles, parmi les investisseurs on compte le fond Kima Ventures de Xavier NIEL, et Jérôme LECAT, investisseur de la Silicon Valley.EXPENSYA (Software) spécialisée dans la gestion intelligente des frais professionnels a levé 1,2 millions. Sa solution est aujourd'hui présente et utilisée dans 30 pays en Europe de l'Ouest, aux États-Unis, au Brésil, en Afrique du Sud, en Tunisie, à Singapour, au Maroc, au Japon, en Chine et à Hong Kong.Puis se succèdent, POLYSMART (jeux vidéo) 0,6, DATAVORA (Big Data) 0,48, ILBOURSA (Média) 0,4, ROAMSMART (Télécom) 0,4, SYMMETRYK (IoT) 0,24, PAYPOS(Software) 0,2 METHANIA, 0,2 (Industrie créative).Au total, l'écosystème en 2017 a connu 25 deals, sans compter les nombreuses startups ou les investisseurs qui préfèrent ne pas communiquer, et qui placerait le pays autour des 18 millions $ d'investissement dans les startups.L'écosystème c'est aussi, une association Tunisian Startups, qui regroupe environ 500 startups, des incubateurs/accélérateurs (plus de 20) très performant, dont IntilaQ, Flat6Labs, BIAT Labs, Cogite, Wiki Startup, U Accelerator, …des Universités de renom Esprit, Université Centrale, des fonds d'investissement, Diva Sicar, Faster Capital, UGFS, et ceux reconnus à l'échelle du continent tel qu'Africinvest, Orange Digital Venture…Success story tunisienneIl est à signaler que 60% des startups agissent à l'exportation, 20% d'entre elles s'orientent vers les marchés européens, 21% vers les marchés africains et 14% vers les marchés du Moyen-Orient et seulement 40% d'entre elles ne vendent pas leurs produits en ligne.Ces startups œuvrant dans des domaines fort variés, participent à leur manière à la « success story » tunisienne, que nous connaissons mais que le monde ne connaît pas hélas.ANAVA a intégré la Startup School de Y Combinator à la Sillicon Valley d'où ont émergé des géants comme Airbnb, Dropbox, Stripe". FAVIZONE, qui offre une solution innovante de personnalisation pour les sites e-commerce s'implante en France, NAVIACOM, spécialisée dans la gestion et la télématique de flotte Machine to Machine, s'est déjà internationalisée au Sénégal, au Burkina Faso, en Mauritanie et en Côte d'Ivoire. La Start-up d'impression photo PICSTORE s'implante au MarocSur 100 startups internationales retenues dans le cadre du programme BIG BOOSTER, 25 provenaient de la région Afrique Moyen-Orient, dont 9 étaient tunisiennes, AUMED, DIGITUS, KATOMI, NEXT GEN CORP, PROVEN MED INTERNATIONAL, TRIPOPT, WATTNOW, WINSHOT et EPILERT.Le WORLD ECONOMIC FORUM a retenu 5 startups tunisiennes qui vont façonner le futur, BARAC, SIMPLE EXPERT, GO MY CODE, NEXTPROTEIN, IRIS TECHNOLOGIE.eFRET.TN site web fonctionnant selon le principe de la bourse de fret a été lauréat du Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient 2017, devant plus de 1000 candidats d'une cinquantaine de paysAXE FINANCE est une vraie success story tunisienne, discrète elle s'est positionnée sur l'activité du « credit process automation » au profit des banques et compte aujourd'hui, 10 000 utilisateurs, 28 banques clientes sur 20 pays.ROAMSMART est totalement méconnue du grand public mais développe des outils dédiés à la gestion de l'activité roaming chez les opérateurs et compte 37 clients des Télécoms sur 31 pays dont ETISALAT, ZAIN, ORANGE, OOREDOO & TELENOR.COGNIRA, qui a réalisé en 2017 des revenus de 4 millions de dollars, veut devenir une référence mondiale dans le Retail Analytics. Au moins une douzaine de fonds d'investissement veulent aujourd'hui investir dans COGNIRA ce qui témoigne du grand potentiel de développement dont elle dispose et de la bonne réputation dont elle jouit auprès des fonds d'investissement ainsi que de ses 23 clients.INSTADEEP est la référence en Afrique en intelligence artificielle elle développe des informations accélérées par le GPU aux systèmes de prise de décision en auto-apprentissage basés sur les avancées de la R & D en intelligence artificielle. Fondé en octobre 2015, compte aujourd'hui plus de 60 employés répartis dans cinq bureaux, Tunis Londres, Paris, Nairobi et Lagos.La première startup africaine à fabriquer des robots de façon industrielle de surveillance,ENOVA ROBOTICS vient de lever 1,5 million € pour étendre ses activités en Europe.Comme on le voit, la Tunisie ne manque pas de success story et se positionne également dans des secteurs clés tels que la Fintech (SWIVER, PAYPOS, ULTIMIUM, VNEURON, HADRUM, KAOUN, MITIGAN…), de l'intelligence artificielle, de la Blockchain (ELECTRIFY NETWORK, DIGITUS, l'ouverture du DAR BLOCKCHAIN, premier incubateur Blockchain du continent et l'Africa Blockchain Summit organisé en Tunisie en mai 2018.De même en Tunisie, l'entrepreneuriat des femmes a le vent en poupe. Plusieurs startups sont dirigées par des femmes SEABEX et iFARMING, (agritech).  CARPET PLUS,AUCTION IT 4 HER, SHE SHARES, HAND AND CRAFTS et AHMINI sont les premières startups tunisiennes lancées dans le cadre de l'initiative lancée par la Banque mondiale "EmpowerHer"TUNISIE DIGITALE 2020Avec de telles pépites technologiques, pourquoi la Tunisie n'est-elle point reconnue comme un écosystème startup africain ?Outre le manque de communication et de visibilité à l'international, l'écosystème souffre également de la confusion qui s'exerce avec « l'offshoring », la sous-traitance que le plan TUNISIE DIGITALE 2020 encourage afin d'attirer les investissements et créer des emplois dans le secteur des TIC.Au travers du programme « SMART TUNISIA » composante du Plan, le Gouvernement communique aussi bien sur des PM/PMI établis que sur les startups, et c'est cette confusion qui est nuisible.Au même titre que SMART TUNISIA, les startups devraient avoir leur propre programme.Un autre élément est le positionnement de la quasi-totalité des startups tunisiennes sur la niche B2B qui s'explique historiquement, par l'ancrage à l'offshoring, c'est une solution de facilité et de réussite rapide dans un petit marché que de se tourner à l'international, et obtenir un financement plus « accessible ».Certes les startups tunisiennes ne bénéficieront point de l'exposition de leurs concurrentes africaines sur le B2C, il sera difficile de faire émerger une Licorne, mais elles créent plus de valeur, ont une présence à l'international qu'aucun autres pays africains, elles ont acquis des compétences métiers, de la flexibilité qui repoussent la concurrence des sociétés IT qui préfèrent les racheter. Ainsi, VENTE-PRIVEE vient d'annoncer l'acquisition de DACO, startup franco-tunisienne qui met l'intelligence artificielle au service des stratégies concurrentielles des marques.La Tunisie, un véritable « hub » technologiqueMais ce qui fait et fera de la Tunisie un véritable « hub » technologique du continent ce sont les choix en 2017 de l'Union Africaine de faire de la Tunisie, le Centre d'Excellence du Digital Africain, le Centre des Statistiques Africains, et le Centre de la Propriété Intellectuelle et du Droit d'auteur Africain. C'est le fait que le pays va accueillir l'Université Franco-tunisienne pour l'Afrique et la Méditerranée plus important projet éducatif du continent et Station T l'équivalent de Station F l'incubateur de Xavier Niel.Sachant que la Tunisie est déjà le siège de l'ALECSO (Organisation Arabe pour l'Education, la Culture et les Sciences) de l'Union de Radiodiffusion des Etats Arabes, de l'Organisation Arabe de Télécommunication par Satellite, de l'Organisation Arabe des Technologies de l'Information et de la Communication, du Centre Régional de Télédétection des États de l'Afrique du Nord et le Centre de formation de l'Union postale universelle (UPU) pour la Région Arabe et Africaine (l'UPU a confié à la Poste tunisienne la conception d'une plateforme africaine de commerce électronique baptisée "Ecom@Africa").Afin de promouvoir son système de navigation par satellite, BEIDOU (BDS), la Chine a choisi la Tunisie, son premier centre à l'étranger pour couvrir les services aux pays arabes et africains.Et c'est enfin sa place d'organisateur d'évènements numériques d'envergure continentale qui permettra à la Tunisie d'obtenir cette reconnaissance. Et le plus récent Afric'up – Sommet des startups africaines qui a eu lieu le 2 et 3 octobre est déjà considéré comme le Vivatech du continent africain par Business France et l'ensemble des participants africains.Article paru dans CIO Mag N°55 Novembre/Décembre 2018